Partager l'article ! Souffrance au travail, témoignage.: Vendredi 16 Avril 2010 "Avant on acceptait les choses parce qu'on se respectait" ...
(Cliquez sur l'image
pour agrandir).
Tél. 06 46 09 47 19
Vendredi 16 Avril 2010
"Avant on acceptait les choses parce qu'on se respectait"
Jacqueline de Lyon a vécu comme des milliers de Français des longs épisodes de souffrance au travail. Ancienne salariée d'une société d'autoroute, elle témoigne.
"Après être partie 4 ans de mon job, je suis revenue. Je bossais pour une société d'autoroute. Je suis revenue au moment de la privatisation. Mes anciens collègues mon traités
de folle, mais il fallait juste payer le loyer. Ils avaient raison, le climat avait changé. J'avais un contrat TPA, temps partiel actualisé. 4 ans avant on acceptait beaucoup de choses, juste
parce qu'on respectait les gens. Puis là, fini. Corvéable à souhait. Pour 900 heures par ans, on pouvait nous appeler pour venir bosser, même en pleine nuit pour 3 heures. 7/7, 24/24. Si tu
refuses un poste, t'es mal vu. Et puis le fait que je sois partie et revenue. Forcément, j'avais dons foiré, donc je ne devais pas la ramener. Les petits chefs qui te cherchent au quotidien. Ma
grande gueule que je ferme. Un petit chef qui me cherche de plus en plus. Mon toubib qui me colle 3 semaines d'arrêt pour dépression. Mon dos qui me fait souffrir de plus en plus. De l'arthrose
sur toute la colonne, les épaules les doigts aussi. Le médecin du travail qui reconnait des TMS, veut me voir tous les six mois, et demande que mon poste varie, ce que je faisais avant. Le poste
qui ne varie plus, puisque depuis la privatisation, la boite ne veut pas de plan social, mais compte sur les départs "naturels".
La rébellion des TPA. Je décide de bouger le cul de tous les syndicats avant que ça parte en une somme d'actions individuelles qui vont forcement amener à des sanctions individuelles. Un des
syndicats m'écoute, les autres ma prennent pour une folle. L'incident est évité, ça prend forme. Pendant ce temps, mes problèmes de dos ne s'arrangent pas : je prends la tête avec mes chefs qui
pensent que je tire au flan. Le médecin du travail leur en remet une couche, mais ils s’en foutent. Plus de 90 jours d'arrêt de travail sur un an, c'est désormais sûr : je suis une grosse
faignasse. Ce poste qui m'aurait aidée, je l'ai de moins en moins souvent. Puis plus du tout. Puis je me ramasse tous les postes de merde : 3 heures par jour, tous les jours. Jamais un poste
complet dans la semaine, sauf les jours de grand trafic, ces jours ou forcement, je vais me casser le dos à fond.
Le syndicat est toujours là, derrière moi. Il ne loupe pas une occasion de faire chier mon chef de centre, parce que d'autres arrivent aussi, pour dire leur mal-être. Le syndicat commence à venir
voir mon chef de centre, un nouvel embauché clairement pour qu'il y ait un max de "départs naturels".
Grace au syndicat, je n'ai pas claqué la porte comme d'autres, j'ai fait une formation de 3 mois, le médecin du travail, m'a déclarée inapte, la boite ne pouvait bien sur pas me changer de poste
et ma licenciée."
OMRI EZRATI
------------------------------------------------------
Témoignage visible sur STOP Harcelement
ContentPasContent