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Et en face il y avait un monde syndical d’une part très silencieux, et d’autre part très
rassurant : il n’y avait rien à craindre, des contacts dans les ministères garantissaient que cette privatisation n’allait finalement pas changer grand-chose ; on devenait
« Eiffage » et puis c’est tout… CFDT se plaisait à longueur de tracts à parler de « bonne nouvelle », de « garanties » pour nos emplois, pour nos contrats, dans
nos régions…
La pilule est d’autant plus dure à avaler lorsque l’on constate que c’est CFDT qui s’essaie tant bien que
mal au rôle du contestataire ! CFDT est à la tête du CCE depuis bientôt deux années, et jamais le CCE n’a été aussi éteint, aussi absent… Et pourtant les raisons de l’entendre
rugir n’ont pas manqué et ne manquent toujours pas ! Direction parisienne démantelée avec licenciements à l’appui, regroupement au pas de charge des districts et maintenant des régions,
avec des conséquences lourdes à venir pour tout le personnel… Filiales que l’on ferme (autoroute-infos remaniée), contrats de travail exigeant que les salariés interviennent sur les districts
limitrophes, audits dans les Directions dans le but de « réduire les coûts » (on connaît la suite), tension maximale sur les lieux de travail, inquiétude et incertitude à tous les
étages, automatisation des péages à un rythme effréné, régions regroupées,…
Districts regroupés, régions regroupées : l’affaire est
bouclée ! En l’espace d’un an Eiffage et Macquarie auront tout laminé. Et s’il se trouve encore quelques bonnes âmes pour prétendre que « ça ne va peut être pas changer
grand-chose », nous laissons ces quelques optimistes méditer sur un seul fait : quand la Direction Générale à Paris a été touchée de plein fouet il y avait 56 salariés ;
aujourd’hui ils ne sont plus que 19… Dernière chose : la Direction Eiffage confirme que pour l’encadrement le statut de logé sera bientôt amené à évoluer. Et dire qu’il y a quelques
semaines, certains cadres incitaient les agents à acheter des actions Eiffage !
SUD Autoroutes dénonce depuis plusieurs semaines la gestion de
l’automatisation des péages dans nos régions. Les salariés sont en effet pris de vitesse par un programme d’automatisation qui ne respecte plus aucune règle ; ainsi des péagers apprennent
du jour au lendemain que leur outil de travail va prochainement se retrouver automatisé partiellement alors que leur hiérarchie leur garantissait quelques jours plus tôt que rien n’était prévu.
Cette façon d’agir crée une panique bien légitime pour bon nombre de salariés. De plus l’annonce de la fin du Caplis (abonnement Poids Lourds) avec un passage en force de ce type d’abonnement
sur des formules Télépéage dès cette année 2007 va fortement augmenter le taux de transactions en automatique. Ainsi des gares moyenne jusque là préservées seront dans la liste des futures
« automatisables », il en va de même pour la situation (déjà bien compliquée) sur nos différentes barrières. SUD ajoute à cela la nouvelle politique autour de la vente du TIS :
accentuation de l’offre de vente par Internet, nouveaux systèmes de péage dynamique expérimentés par APRR au sud de Paris, présence de Macquarie qui détient une expérience certaine en matière
de péage dynamique, une formule ultra moderne de perception du péage dont la finalité aboutira dès 2011 avec l’appui du programme de satellites européens GALILEO. Dans un tel contexte, SUD ne
peut que poursuivre sa demande de Gestion prévisionnelle des emplois - non pas celle, lamentable, signée voici quelques jours par des syndicats amis de la Direction, mais une véritable gestion
prévisionnelle qui doit de toute urgence prendre en compte ces différentes données -.
APRR n’ayant pas estimé nécessaire de sécuriser les lieux, APRR s’est vu condamné pour faute inexcusable de l’employeur
par le tribunal des affaires de la sécurité sociale de Dijon le 10 octobre 2006. Suite à cette agression, le salarié a été reconnu le 25 octobre 2005 inapte à ce poste de travail et de ce fait,
APRR devait rechercher un autre emploi pour cet agent. En parallèle à cela, ce même salarié a saisi le tribunal des prud’hommes de Dijon, qui a estimé dans son rendu de jugement du 09 novembre
2006 qu’APRR avait manqué à son obligation de reclassement de M. Maître et a condamné la société à s’en acquitter sous astreinte de 100 € par jour. APRR a toutefois fait appel de ces deux
jugements et a mis a profit l’effet suspensif pour licencier cet agent sans le moindre ménagement, façon brutale de clore le dossier d’un salarié doublement agressé…
Quel crime n’a pas commis le syndicat SUD Autoroutes le 23
novembre 2006, lorsque notre communiqué de presse (diffusé après la fameuse lettre larmoyante du PDG d’Eiffage) était repris sur une pleine page par l’agence REUTERS. SUD ironisait sur cette
lettre d’appel au secours et en profitait aussi pour parler publiquement de l’ambiance sociale chez APRR depuis la privatisation. Le sang du PDG d’Eiffage n’a fait qu’un tour, il faut dire que
cette dépêche REUTERS fut reprise par bon nombre de médias nationaux, en particulier dans la presse économique (chasse gardée des chefs d’entreprise en temps ordinaire). Quelques semaines plus
tôt c’est un autre communiqué de presse de SUD Autoroutes (lors de l’augmentation des tarifs péage) qui fut repris par l’Agence France Presse cette fois-ci, et diffusé entre autres sur TF1- LCI,
Que Choisir, Les Echos, Le Monde, etc… Il parait donc que M. ROVERATO n’apprécie pas que SUD Autoroutes porte la parole des salariés dans la sphère publique ! Il paraît même que lors de la
soirée « coupe Collaveri » il n’avait toujours pas décoléré contre SUD !
Il faut dire que ces derniers temps tout va mal chez Eiffage : Le belge Albert Frère se sauve (avec 91 millions d’euros de plus value), les salariés transforment la souscription « Eiffage 2011 » en bide retentissant et pour couronner le tout voilà pas qu’Eiffage et Macquarie se retrouvent contraint à verser un nouveau dividende de 2,59 euros par action au fonds américain Elliott (qui détient toujours 10% du capital d’APRR). Ce n’était d’ailleurs qu’un acompte sur dividende, au second trimestre 2007 Eiffage devra encore dénouer son portefeuille et cette fois-ci pour un peu plus que 2 euros et des poussières. Une chose est sure, pour les salariés la situation peut paraître aussi grotesque qu’incompréhensible : d’un côté des services, régions ou districts sont regroupés ou fermés afin de faire des économies, et de l’autre Eiffage – Macquarie dilapident des millions d’euros (déjà plus de 220 millions) en pure perte au fonds américain Elliott.
Rhône Ain :
Suite à l’embauche avec 245 points d’indice de deux
agents Viabilité, les agents de DAGNEUX ont été en grève durant 8 jours afin de combattre cette forme de division sociale qui consiste à ignorer l’ancienneté et l’expérience
d’agents qui travaillent depuis des années chez APRR. SUD (mais aussi FO) avait déposé ce préavis de grève.
D’autres n’ont pas appelé à la grève et la CFDT a même préféré écrire dans son dernier 4 pages « qu’elle veut bien mais qu’elle peut point »
appeler à la grève.
SUD Autoroutes veut et peut. C’est là toute la différence.
Que le
contexte social difficile à l’heure actuelle chez APRR ne nous empêche en rien de vous présenter à tous et toutes nos meilleurs vœux pour l’année 2007, ainsi qu’à vos proches. En ayant à l’esprit
que cette année 2007 sera déterminante pour l’avenir professionnel de chacun. L’année écoulée restera sans doute comme la pire
jamais traversée par les agents d’APRR.
En dépit des apparences qui pourraient laisser croire que « plus rien n’est possible » et que « tout est joué », SUD Autoroutes continue d’y croire et de se battre. Il y a un an, nous étions assurément le seul syndicat à avoir autant communiqué au sujet de la privatisation de notre Groupe, en n’hésitant pas à briser la torpeur ambiante et à dire tout haut de quelle façon nous imaginions l’avenir pour nous tous. Un an plus tard, le bilan peut être fait par chacun d’entre vous.
Trop souvent, les instances – et tout particulièrement le CCE –
ont failli à leur mission ces derniers mois. Le mandat syndical exige assurément plus qu’un simple acte de présence à une longue suite de réunions.
Il existe encore dans le Droit du Travail une batterie de règles devant protéger l’emploi et les conditions de travail de chacun.
Les instances – CCE en tête – ont un pouvoir réel qu’il convient d’appliquer dès que le danger menace sur la structure de notre Groupe et sur nos emplois. Si Eiffage et Macquarie
ont avancé aussi vite durant un an, c’est aussi parce qu’ici ou là, certains leur ont grandement facilité la marche. Souhaitez-vous que 2007 soit aussi agitée que 2006 ? SUD
Autoroutes ne le souhaite pas.
A l’occasion du 3ème Anniversaire de sa disparition, le Syndicat SUD n’oublie pas Jean-Charles ROSSIGNOL (« Cui-Cui »), fondateur du Syndicat SUD Autoroutes, il y a plus de 10 ans…
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