L’édifice financier s’est effondré, mais à l’arrivée on constate – sans grande surprise – que ce sont les étages inférieurs qui se sont pris un maximum de gravats sur le dos et qui devront désormais tout reconstruire !
Ainsi les annonces de plans sociaux se succèdent à la pelle, on en profite sournoisement pour augmenter la charge fiscale sur les ménages des classes moyennes : en résumé, à nous de payer la facture pour des dégâts que d’autres auront commis ! Rien de très nouveau sous le soleil de la Finance, on connaît la musique depuis des décennies…
Chez APRR, les événements se bousculent aussi : une négociation sur l’avenir de la filière Péage à l’heure où l’automatisme se répand à la vitesse grand V, une refonte de la Viab-Sécu en embuscade avec de fortes inquiétudes sur l’organisation de la patrouille, puis l’approche de la négociation Salaires, dans un contexte économique et financier calamiteux.
SUD Autoroutes interpelle
depuis des mois la Direction afin que des mesures soient prises au plus vite afin de soutenir le pouvoir d’achat des salariés (avec, il est vrai, une hausse minimaliste des salaires en 2008 à
propos de laquelle SUD, non signataire, avait tenu à avertir des dangers qu’elle allait faire peser sur le quotidien des salariés).
A l’arrivée, il apparaît que l’argumentation développée par SUD ces derniers mois trouve toute sa véracité, puisque la Direction annonce diverses mesures sur la Participation, l’Intéressement, avec même un « bonus spécial Crise », bonus certe bienvenu, mais toutes ces mesures de circonstances ne devront aucunement venir perturber la prochaine négociation Salaires, SUD estimant que les signataires de la pauvre « hausse » de 2,1% l’an passé feront bien de méditer la situation économique actuelle, en remarquant que les salariés d’APRR seront témoins du comportement de chacun.
La situation au sein de notre Groupe mérite que 2009 soit une année de négociation et non de compromission, avec des conditions de travail actuellement pesantes pour le personnel qui justifient que l’on repense au plus vite la restructuration de nos services et districts ; au point de vue financier, la pingrerie ambiante, qui semble même être devenue une marque de fabrique depuis notre passage sous le giron Eiffage, se doit de disparaître au plus vite : SUD attend un geste fort sur la négociation Salaires, mais aussi pour soutenir les placements désastreux des derniers mois sur la tristement célèbre « Sicavas Eiffage ».
Sombre tableau et perspectives bien incertaines, SUD n’avait hélas pas annoncé autres choses depuis fin 2005,
et tant pis pour les astrologues « syndicalistes à leurs heures perdues » qui n’avaient rien vu d’obscur à l’horizon des privatisations… Que tout ceci ne nous empêche pas de vous
souhaiter pour 2009 tout ce que 2008 n’aura pas été capable de vous offrir ! MEILLEURS VŒUX !
A quoi ressemble la vision de la Direction sur l’avenir prochain de la filière Péage ?
Pour le comprendre, SUD vous liste ci-après les mesures essentielles proposées :
Création d’un Contrat à Programmation Semestrielle dit « CPS » :
La créature sortie tout droit des esprits torturés de la Direction se substituerait au CDIA (ce contrat tant critiqué entre autres par CFDT, et nous voyons désormais apparaître son indigne successeur, mais les salariés concernés seront les seuls juges …)
On nous dit
que le CPS « vise à apporter une réponse efficace et immédiate aux événements aléatoires » (on imagine !), et dès que le projet d’accord aura trouvé ses
signataires, tous les CDIA receveur, receveur chef et PAA deviendront CPS
avec avenant au contrat de travail.
Le travail de tout ce personnel s’appuierait sur un calendrier semestriel, et chaque région répartira les salariés CPS dans chaque district en 2 groupes équivalents qui, toutes les 4 semaines, alterneront une période dite fixe puis une période dite souple (en résumé, durant la période fixe, on ne touchera plus le tour de service, puis durant la période souple, les salariés concernés par cette période seront prioritairement appelés pour des postes inopinées). La durée d’un poste de travail sera au minimum de 4 heures, et deux périodes de travail non accolées pourront être programmées dans une même journée ! De plus, la Direction veut mettre un terme aux heures décalées et autres majorations exceptionnelles en contraignant chaque district à des tours de service très encadrés durant l’année.
Et comme si tout cela ne suffisait pas, la Direction rajoute un peu de confusion et beaucoup de contrainte en faisant naître une seconde créature immonde : le groupe de gares… Eh oui, il en est fini du bon vieux district, désormais c’est le groupe de gares qui apparait, tout repose sur un grand cercle de 60 kilomètres avec pour centre son district, et tout ce qui entre dans le cercle devient « groupe de gares » : ce groupe de gares concerne tout le personnel de la Filière Péage.
Un tel groupe pourra contenir jusqu’à une bonne quinzaine de gares de péage (et LTS ou EC attenants), et puisqu’une telle méthode voit forcément se chevaucher plusieurs cercles, il sera courant qu’un même site se retrouve inclus dans plusieurs groupes de gares, donc sur un site « x » ou « y », se sont des salariés de plusieurs districts qui pourront ponctuellement intervenir, avec des contraintes kilométriques énormes. Et le contenu de ces groupes sera libre d’être revu à tout moment par la Direction…
En parallèle, la Direction souhaite créer
le CFS ou Contrat Fin de Semaine, réservé aux étudiants qui viendront travailler le week end (du vendredi 14h00 au lundi 12h00). L’astreinte au péage serait proposé, elle
concernerait tous les salariés de la Filière Péage sauf les 3x8, elle se situerait exclusivement les week end et jours fériés, avec un planning prévisionnel d’astreinte établi pour 6 mois.
Chaque salarié volontaire serait concerné à hauteur de 5 à 6 fois l’an.
La volonté de la Direction de développer la polyvalence des receveurs et receveurs chefs conduiraient ces derniers à acquérir des compétences tant en perception qu’en accueil clients, contrôle des installations, assistance en voies automatiques, assistance aux clients sur automates, contrôle de la fraude, et la Direction nous la joue « Veux-tu être mon ami ? » en estimant que chaque agent aura la liberté de classer par ordre de préférence les trois polyvalences types proposées :
Maintenance ou Supervision ou Clientèle avec une indemnité de polyvalence de 5 points d’indice.
Mais la Direction Régionale, pas folle, établira elle-même un état de ses besoins et « tentera de faire coïncider les souhaits du salarié avec les besoins de l’établissement » : elle TENTERA de le faire… A l’arrivée, c’est elle qui éparpillera le personnel selon son bon gré, d’autant qu’il lui sera sans doute difficile de trouver l’élément essentiel à tout ce projet d’accord, à savoir : LE TRAVAIL.
Car en effet, derrière des propositions aberrantes et inquiétantes pour l’avenir des agents que nous réfutons pour l’essentiel, SUD remarque l’absence d’effort en terme de compensations financières et surtout l’absence de perspectives sur le volume d’heures travaillées qui demeurera à accomplir sur chaque site en 2009, 2010, 2011 , etc…
CONCLUSION : La Direction nous
présente un projet qui n’a d’autre but que de laminer la vie des salariés, SUD entend la vive colère qui nous revient du terrain, et nous souhaitons ardemment qu’un tel projet soit
rejeté en l’état par l’ensemble des 8 organisations syndicales actuellement en négociation. D’autant qu’en embuscade se profile des négociations de la filière Sécurité dont on imagine déjà la
teneur à la lecture du projet « Péage » : mobilité, suppression de postes, polyvalence et fin des heures majorées…

ContentPasContent