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Prochaine négo viab-sécu : le mardi 14 février 2012 et NAO : le marcredi 22 février 2012

Informations du syndicat SUD Autoroutes sur les mouvements des derniers jours autour d’Eiffage et d’APRR :

Le 05 avril 2006, nous apprenions que le groupe de BTP espagnol SACYR – Vallehermoso détenait désormais 30,70% du capital d’Eiffage et 31,80% des droits de vote. Rappelons tout d’abord qu’à partir de 33,33% du capital, une OPA devient obligatoire, Sacyr est donc tout proche d’une telle situation, en dépit des commentaires faussement rassurants de la Direction d’Eiffage.

Il y a quelques jours, des informations nous apprenaient que 5% au moins d’Autoroutes Paris Rhin Rhône étaient détenus par quatre fonds de pension (Polygon, Sandell, Paulson et Centaurus). Ces deux informations ne sont sans doute pas étrangères l’une à l’autre.

L’espagnol Sacyr annonce avoir dépensé 1,66 Milliards d’Euros pour acquérir 31% d’Eiffage (ce qui représente + de 13 millions de titres Eiffage), ce qui fait de l’espagnol le premier bloc d’actionnaires d’Eiffage. Ainsi, Sacyr réclame désormais la création de quatre postes d’administrateurs à l’occasion de la prochaine Assemblée Générale d’Eiffage prévue le 19 avril prochain.

JF Roverato veut encore croire à un sursaut d’un bloc qui se constituerait des 20% d’actionnariat salarié, auxquels s’ajoutent les 6,01% acquis dernièrement par le milliardaire belge Albert Frère, ainsi que les 3% détenus par la caisse de dépôts et consignations (+ 3,7% d’autocontrôle, c’est à dire actions d’Eiffage détenues par Eiffage : mais il faut noter que depuis 1991, l’autocontrôle n’offre aucun droit de vote, art L 225.210 du Code du Commerce : « Les actions possédées par la société ne donnent pas droit au dividende et sont privées de droit de vote »). Dès lors Eiffage refuse d’entendre les exigences de Sacyr, ce qui, selon les analystes « promet une Assemblée Générale houleuse le 19 avril prochain ». Ces mêmes analystes estiment qu’à l’heure actuelle « il faut se garder de tout pronostic, car d’une simple coopération à une OPA dans les règles, en passant par une prise de contrôle ou un accord capitalistique, les scénaii envisageables sont nombreux ».

Toutefois, comme le rappelle le journal Le Monde dans son édition du 07 avril, « le dynamisme, pour certains l’agressivité, du groupe Sacyr inquiète. Fondé en 1986 par trois ingénieurs issus de Ferrovial toujours aux commandes et détenteurs à eux trois de + de 40% du capital, Sacyr s’est hissé en quelques années au 5ème rang des groupes de BTP espagnols. Le PDG actuel Luis del Rivero, vice président du club de foot Real de Madrid, a déjà utilisé à deux reprises cette façon de prendre le contrôle d’une entreprise en évitant de coûteuses OPA. Ainsi en 1999, Sacyr a acquis 31% de la société portugaise de BTP Somargue avant de l’absorber. Idem en 2002 quand Sacyr a acheté à la banque Santander 24,5% du promoteur Vallerhermoso, en obtenant d’abord une présence au conseil d’administration puis, un an plus tard a eu lieu la fusion des deux entités.

Pour beaucoup l’intérêt est grand pour Sacyr d’investir dans Eiffage : se positionner en France à une place de choix mais aussi décrocher la société d’autoroutes APRR en se souvenant que Sacyr avait déposé en 2005 deux candidatures, l’une sur SANEF et l’autre sur APRR, toutes deux sans succès.

L’analyste financier Dow Jones estimait le 06 avril dernier que « dans la situation actuelle, il n’y avait guère d’autres alternatives qu’une offre de rachat de Sacyr sur Eiffage », l’analyste ne voyant pas « comment Sacyr pourrait rester à long terme actionnaire à hauteur de 31% sans avoir d’influence sur la direction d’Eiffage ».

D’autres rumeurs circulaient autour de l’étrange entrée de fonds de pension dans le capital d’APRR, rendant impossible l’acquisition de 95% des parts d’APRR par le tandem Eiffage - Macquarie. Ainsi, des soupçons pèsent sur l’espagnol qui aurait ainsi cherché à affaiblir davantage Eiffage en pouvant désormais forcer le groupe français à des négociations (Sacyr libérerait les parts détenues indirectement dans APRR en échange de quatre fauteuils au Conseil d’Administration d’Eiffage). Le rôle futur du belge Albert Frère suscite aussi bien des interrogations, avec 6,01% le financier peut faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre, ou bien alors, comme beaucoup le pensent, le financier ne cherche peut être qu’une opération de pure spéculation sans lendemain. Quelques interrogations aussi sur le positionnement de l’australien Macquarie et sur son attitude à venir en cas de forte tension entre Eiffage et Sacyr, voire même en cas d’OPA…

Le titre Eiffage avait progressé de + 142,50% en 11 mois, le 05 avril il a perdu – 9,50% en une seule journée (avec une pointe à – 12,12% en cours de journée). Toutes ces manœuvres ont bien sur une incidence directe sur Autoroutes Paris Rhin Rhône. Alors que la situation n’était déjà guère enviable depuis la privatisation de notre groupe en décembre dernier, l’arrivée d’un nouvel investisseur soulèverait bien des interrogations. Ce dernier ne serait déjà pas soumis au cahier des charges édicté par l’Etat (même si ce cahier des charges restait de toute façon disparate). La réaction possible de Macquarie soulève aussi bien des questions.

Les salariés d’APRR avaient déjà beaucoup de mal à y voir clair depuis plusieurs mois, autant dire qu’avec les remous autour d’Eiffage ces derniers jours, c’est une situation nouvelle et agitée qui se présente à nous. A ce titre, le syndicat SUD Autoroutes interpellera dans les prochaines heures le PDG d’Eiffage et d’APRR, M. Roverato, et notre organisation demandera l’organisation rapide d’une réunion extraordinaire du Comité Central d’Entreprise afin d’obtenir des éclaircissements sur tous ces événements.

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