Partager l'article ! Fromages et desserts (épisode 2): MARIANNE N° 466 du 25 au 31 MARS 2006 2ème PARTIE de l&rsquo ...
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MARIANNE N° 466 du 25 au 31 MARS 2006 2ème PARTIE de l’article
Privatisation des autoroutes : FROMAGES… ET DESSERTS
Quand l'Etat se soumet… Quelque peu surpris, un administrateur présent au cours de cette séance, Robert GALLEY, ancien Ministre chiraquien des Transports et de la Défense, se serait inquiété, selon nos informations, du sort réservé au personnel plus modeste : "Auront-ils droit eux aussi à une prime de privatisation ?" Rien n'est moins sûr. L'inverse est d'ailleurs plus probable, puisque les syndicats d'APRR redoutent, comme ceux des autres sociétés d'autoroutes privatisées, une course à la productivité ponctuée de suppressions de postes. Les salariés apprécieront donc que ceux qui ne se sont opposés en rien à une privatisation pourtant contraire à la parole donnée par le gouvernement précédent soient ainsi remerciés. La pilule est d'autant plus amère que les postes de dirigeants de sociétés d'autoroutes étaient parmi les plus convoités par les éminences de la République. Officiellement, les salaires ne pouvaient pas dépasser le double du salaire de base pratiqué dans les corps d'origine. En réalité, ils franchissaient allégrement la barre, avec la bénédiction du ministère des Finances. Chez APRR, il sembleraient même que, quelques mois avant la privatisation, les rémunérations des quatre hauts fonctionnaires détachés ou en indisponibilité aient bénéficié d'un coup de pouce de près de 30 %. Histoire d'acheter la garantie d'une transaction sans heurts ? A Autoroutes du Sud de la France (ASF), réseau -le premier de France- passé sous contrôle du groupe VINCI, l'arrivée du nouveau propriétaire a été moins brutale quoique tout aussi avantageuse pour ceux qui ont su ne pas protester du manque de concurrence ayant entouré la privatisation de leur entreprise. Avec comme conséquence une absence d'enchères qui auraient pu faire grimper la valeur d'ASF… et gonfler les caisses de l'Etat. Car, contrairement aux ambitions affichées par le gouvernement, Vinci a été le seul prétendant au premier réseau autoroutier français, écrasant de sa puissance et de sa connaissance du dossier tous les adversaires potentiels. Selon une source proche du dossier, les salariés administrateurs d'ASF viennent de bénéficier de promotions exceptionnelles sans rapport avec le poste qu'ils occupaient jusqu'alors. L'un d'entre eux, sur le point de partir à la retraite, s'est vu gratifier d'un parachute en platine. Enfin, cinq hauts cadres de Vinci ont été priés de céder leur place à cinq cadres tout aussi haut placés dans la hiérarchie d'ASF;
Avis donc, aux usagers des futures autoroutes privatisées ! Il leur faudra se souvenir des cadeaux faits à ceux qui, envoyés en mission par l'Etat, étaient censés défendre le service public. Ils n'ont pas bronché à l'heure des choix. Ils ont été remerciés….grassement ¢
Commentaire du syndicat SUD Autoroutes : cet article du magazine MARIANNE est éloquent, il reprend point par point nos inquiétudes et dénonciations des mois passés. A côté d’un demi million d’euros octroyé à nos anciens PDG et DG, la « primette » de 1000 euros signée par CFDT, CGT, FO, FAT, CGC et CFTC a piètre allure, elle résonne même comme une véritable provocation… A l’heure où tant de salariés, entre autres des péages, s’angoissent pour leur avenir, on remarque que d’autres filent des jours heureux, le Conseil d’Administration quant à lui (où siège pourtant de prétendus « représentants des salariés ») n’a pas bronché. Cet article aura au moins pour mérite de démontrer aux plus récalcitrants que les positions exprimées par SUD depuis juin 2005 étaient les bonnes, celles qu’auraient dû défendre l’ensemble des organisations syndicales, mais ce ne fut hélas pas le cas… Dans tous les cas, chaque salarié pourra désormais juger.
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