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Il fut une époque où l’on expliquait, avec conviction, que l’une des recettes essentielles du commerce était le contact direct avec la clientèle. On jugeait ce rapport humain comme irremplaçable tant il favorisait la compréhension entre les gens et décuplait ce que l’on a fini par nommer la force de vente. Personne n’aurait songé à laisser un acheteur, un usager, un utilisateur seul face à sa demande. Il était indispensable de le guider, de l’accompagner, de l’informer afin qu’il ait plus que l’impression d’en avoir pour son… argent ! Cette période meurt à petit feu sous l’influence du profit triomphant pour céder la place aux machines réputées intelligentes.
L’automatisation des tâches envahit tous les secteurs de la consommation et des services. Impossible de retirer du liquide dans une banque. Vous arrivez même parfois à ne pas pouvoir en déposer. Tout le quotidien appartient au distributeur automatique et par exemple, à Créon, on en est arrivé à avoir… bientôt 8 agences bancaires qui ne dissimulent en fait que la volonté de déposer ces fameux distributeurs automatiques de billets (DAB dans le langage branché) qui rapportent sans… coûter. Les pompistes ont disparu et même désormais les caisses en bout de station service. La carte bleue chauffe en permanence afin de garantir des rentes à un système ayant permis de supprimer des dizaines de milliers d’emplois directs ! 
Les agences sont donc désormais réduites à un simple local dans lequel toutes les opérations de base de gestion d'un compte sont assurées par une batterie de machines interactives. Une véritable révolution pour le secteur bancaire qui devait faire face depuis des années aux nouveaux modes de consommation de clients habitués, notamment, à gérer à distance leurs comptes. Le système coûteux à l’investissement est très vite amorti par les économies considérables sur le fonctionnement.
On sait que cette tendance s’accentue très vite et gagne d’autres secteurs de la vie sociale avec l’approbation des consommateurs inconscients que leurs habitudes vont finir par " tuer " le relationnel qu’il souhaite par ailleurs dans leur propre boulot. Si l’on prend un exemple concret on peut s’attacher à celui d’une société d’autoroutes parmi d’autres. ESCOTA (Autoroutes région P.A.C.A) s’évertue de vider les " cabines " de péage. La grande marche en avant de l'automatisation est presque parvenue à son apogée. Encore quelques petites années et la boucle sera bouclée.
LE CAS DES PEAGES D’AUTOROUTES
Il y a quelques mois on connaissait du personnel et des gares de péage tournant à plein rendement avec des clients "râleurs" qui exigeaient que ça aille plus vite ! C’est un paysage en voie de disparition. Aujourd'hui l'automate et le télépéage tendent à faire croire à l'usager qu'il gagne du temps et forcément de l'argent alors que le consommateur n’est absolument pas mieux servi puisqu’un automate débite entre 80 et 120 véhicules heure au lieu de 170 à 230 dans les voies humanisées.... Demain, le "free-flow", la liberté de passer sans aucune barrière sur tout le réseau autoroutier va arriver. En passant sur des "barrières" désertiques, avec un interphone relié à un "rescapé" du démantèlement salarial pour tout contact, en cas de problème (sait-on jamais...) on obtiendra un débit automatique de sa carte bleue ou de sa carte spécialisée.
Pourtant alors que les sociétés d'autoroutes appartenant en majorité au Groupe VINCI affichent d'années en années des bénéfices toujours de plus en plus élevés les tarifs continuent d'augmenter. Le personnel continue, dans cette perspective, d'être "dégraissé" et aux frais de la princesse, c’est à dire du contribuable !
Pour exemple les accords CATS signés récemment par l'Etat permettent que le personnel ayant été posté pendant au moins 15 ans, sous certaines conditions, libère son poste à… 57 ans et continue de percevoir 100 % de son salaire jusqu'à la retraite. Cette décision permet à l’entreprise de récupérer 50 % du salaire brut sur les aides accordées par l’Etat pour ce licenciement anticipé ne coûtant en définitive très peu à une entreprise pouvant remplacer le pré retraité par… un automate ! Personne ne dit rien. Les usagers subissent. Le personnel s'accroche à l'idée que si il s'accommode de cette nouvelle donne il aura la chance de conserver un emploi. Effectivement, on lui donne actuellement l'opportunité d'aller entretenir le réseau autoroutier (nettoyage des aires de repos, des W.C) en échange de son poste de péager devenu obsolète..... Pourquoi pas ? Faire ça ou peigner la girafe ! Les machines font le boulot au péage pour un prix de revient dérisoire augmentant ainsi les profits !
ON SE PENALISE NOUS MEMES
Cette vision d’un monde automatisé et anonyme n’a plus rien de futuriste. Elle évite les salaires et diminue donc d’autant les cotisations sociales aux caisses de retraite et aux organismes sociaux. La France est entrée depuis quelques années dans le gotha des pays le plus automatisés du monde... Le chiffre d’affaires de l’entreprise robotisée, est en fait subventionné par le concurrent dont la production est salariée, celui-ci subit un véritable parasitisme économique de la part de l’entreprise robotisée. Jamais personne ne vient lui acheter quelque chose avec un salaire distribué par l’entreprise robotisée, puisque celle-ci ne distribue pas de salaires en proportion de ce qu’elle vend. C’est l’effet ciseaux : de moins en moins d’actifs cotisants pour de plus en plus d’inactifs récipiendaires des prestations. 
Les robots, les automates sont les parasites, pas les chômeurs qui n’en sont que la conséquence de l’automatisation ! Or ce sont eux qui sont le plus souvent accusés de pénaliser l’action économique par les cotisations sociales que nécessitent le traitement de leur situation. Qui songe véritablement qu’en choisissant la caisse du péage automatisé ils se pénalisent lui-même s’il est salarié et qu’il augmente les dividendes d’actionnaires ayant bénéficié… du bouclier fiscal ?
La taxation des " robots " ou de tous les " automates " se substituant à un emploi antérieur doit être un moyen de rétablir l’équilibre entre humains et machines. Tout le monde sera d’accord pour que les machines effectuent les travaux pénibles ou répétitifs à la place des employés ou des ouvriers, à condition qu’elles cotisent, qu’elles contribuent au même titre que les humains, notamment à leur reconversion ! Certains proposent donc de soumettre progressivement (sur 4 ans) à la cotisation rose : robots, distributeurs automatiques, points argent, ordinateurs et systèmes experts, lecteurs de cartes, automates, standards téléphoniques, billetteries, trieuses postales et machines agricoles... par une Taxe sur la Valeur Ajoutée d’origine non humaine, basée sur un ratio, une équivalence évaluant les capacités de production respectives de l’homme et de la machine qui se substitue à lui. Ce serait une véritable révolution de l’emploi et surtout un moyen de rétablir des comptes sociaux qui ne cesseront d’être déficitaires puisque tout est fait pour supprimer partout et tout le temps les emplois !
Ah ! J’oubliais que ,pour les autoroutes du goupe Vinci, il aurait été utile de rappeler les titanesques plus-values de l’ex-PDG de Vinci, Antoine Zacharias. Les additions à neuf chiffres qui accompagnent chaque évocation de son nom permettent de retrouver des stock-options dont la plus-value s’élevait à 173 millions d’euros, une rémunération annuelle en 2005 qui atteint 4,2 millions, une prime de départ négociée à 13 millions et, enfin, une " retraite chapeau " (complément de retraite versé par l’entreprise) d’environ 2 millions par an. Si l’on déduit les impôts, il y avait de quoi faire vivre un ménage français au revenu médian (25 000 euros annuels) pendant… cent cinquante générations.
Pour la caste des hauts managers, tout cela reste très normal : " Une action Vinci souscrite en 2001 aurait rapporté 171 % du capital investi. Pour M. Zacharias, cela fait une hausse de 50 % de son salaire et 170 % pour les actionnaires. Bien évidemment ces sommes folles étaient pour lui… automatiques comme le bouclier fiscal de Nicolas Sarkozy !
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P M V


   
Délégué Syndical Central
Jean Pierre CAMPANATO
36, rue du Docteur Schmitt 
21850 Saint-Apollinaire

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