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  par Agnès Severin.

Si vous avez cotisé 160 trimestres, à 60 ans, la Sécurité sociale vous verse une pension maximale. Si ce n’est pas le cas, vous pouvez optimiser votre retraite en rachetant des trimestres.

Préparer son départ en retraite : un casse-tête que l’on remet souvent à demain. « Quand puis-je partir ? Combien vais-je perdre si je cesse de travailler avant 60 ans ? » :les questions se bousculent dans l’esprit du salarié qui voudrait savoir combien il percevra grâce aux cotisations versées aux régimes obligatoires (Sécurité sociale, Arrco et Agirc pour les cadres).
Il faut d’abord qu’il connaisse le nombre de trimestres validés au régime général ( lire interview ) : s’il n’en a pas assez pour partir à 60 ans et percevoir 100 % de sa retraite, il peut racheter des trimestres, ce qui lui permettra de doper ses revenus futurs ! Mais avant de se lancer dans un rachat, il faut en étudier la rentabilité, comme pour n’importe quel placement. Plongée dans le maquis de ce qu’on appelle « l’optimisation de la retraite ».

Quand partir pour avoir une retraite maximale
La condition pour partir avec sa pension de Sécurité sociale maximale à 60 ans, c’est d’avoir travaillé assez longtemps. C’est-à-dire pour ceux qui ont aujourd’hui 60 ans, ou qui les auront d’ici à 2008, c’est d’avoir engrangé 160 trimestres de cotisations auprès des caisses d’assurance- vieillesse.
Pour les salariés aujourd’hui âgés de 54 à 57 ans, il faut aligner 161 à 164 trimestres entre 2009 et 2013 (un de plus chaque année). Les moins de 54 ans restent, eux, dans le flou en attendant de nouvelles dispositions légales. Car leur destin n’a pas été scellé par la réforme Fillon de 2003.
Pour savoir si l’on a obtenu le nombre de trimestres suffisants pour partir à 60 ans avec la retraite maximale (dite aussi « à taux plein »), il suffit de demander un relevé de carrière à la Cnav, Caisse nationale d’assurance-vieillesse (sur Internet, www.retraite.cnv.fr et www.legislation.cnav.fr ; par téléphone : 01-40-37-37-37 en région parisienne. En province, s’adresser à sa caisse régionale d’assurance-maladie).
On peut aussi évaluer le montant de sa retraite sur le site de la Cnav. Il faut multiplier le nombre de trimestres validés par la moyenne des salaires sur les vingt-cinq dernières années (pour les moins de 58 ans) et par un taux qui… lui-même dépend du nombre de trimestres. La durée de cotisation compte donc doublement dans le niveau de pension : chacun est libre de la moduler en fonction de son désir de rester actif et de l’estimation de ses futurs besoins de revenus.
Premier profil : ceux qui ont fait le plein de trimestres.
Ils peuvent prendre leur retraite… ou continuer à travailler. Dans ce cas, ils bénéficieront d’une surcote de 0,75 % par trimestre supplémentaire (soit une augmentation de 3 % de leur pension annuelle) : un taux que le Plan d’urgence pour l’emploi prévoit d’améliorer. Cette solution n’est pas forcément la plus rentable.
Alternative : le cumul emploi-retraite qui permet de commencer à profiter de sa pension tout en travaillant pour améliorer encore sa future retraite. Pour cela, mieux vaut changer de statut (un salarié exercera en libéral, et vice versa) au moment de la liquidation de ses droits. Ce qui permet de travailler sans limite de revenus.
Second profil : ceux qui n’ont pas leur compte de trimestres. Ils peuvent partir à 60 ans… avec une décote. Le taux de minoration (ou abattement) appliqué à la pension sera de 1 % par trimestre (4 % par an) pour les salariés qui ont aujourd’hui 59 ans et de 0,625 % (2,5 % par an) pour les moins de 53 ans. Il baissera de 0,125 % par an jusqu’en 2014.
Ils peuvent aussi continuer à travailler pour aligner les trimestres manquants et partir à taux plein, plus tard. De toute façon, la limite est fixée à 65 ans : à cet âge, tout le monde touche sa retraite à taux plein. Dernière piste : racheter des trimestres pour partir plus vite sans voir sa pension s’effriter.

Avez-vous intérêt à racheter des trimestres ?

Profil et âge de départ à taux plein (statut, âge, salaire brut annuel en fin de carrière, trimestres validés fin 2004)
Un cadre rachète des trimestres en « option 1 » pour partir à taux plein à 60 ans (salarié de 54 ans, 90 000 euros brut par an, 125 trimestres validés fin 2004)
Points : nombre à racheter - 10 trimestres
Points : coût du rachat validés fin 2004 - 32 530 euros
Gain annuel de pension : 12,27 %
Intérêt du rachat : Important

Profil et âge de départ à taux plein (statut, âge, salaire brut annuel en fin de carrière, trimestres validés fin 2004)
Un cadre rachète des trimestres en « option 2 » pour partir à 60 ans avec une pension majorée (salarié de 54 ans, 90 000 euros,125 trimestres validés)
Points : nombre à racheter - 10 trimestres
Points : coût du rachat validés fin 2004 - 48 200 euros
Gain annuel de pension - 14,18 %
Intérêt du rachat : Important

Profil et âge de départ à taux plein (statut, âge, salaire brut annuel en fin de carrière, trimestre validés fin 2004)
Un gérant rachète des trimestres en « option 1 » pour partir à taux plein à 60 ans (assimilé salarié de 56 ans, 80 000 euros brut par an, 135 trimestres validés)
Points : nombre à racheter - 3 trimestres
Points : coût du rachat validés fin 2004 - 10 167 euros
Gain annuel de pension : 3,76 %
Intérêt du rachat : Important

Profil et âge de départ à taux plein (statut, âge, salaire brut annuel en fin de carrière, trimestres validés fin 2004)
Un gérant fait le même rachat « option 1 » mais part à 61 ans (assimilé salarié de 56 ans, 80 000 euros, 135 trimestres validés)
Points : nombre à racheter - 3 trimestres
Points : nombre à racheter - 10 167 euros
Gain annuel de pension : 0,74 %
ntérêt du rachat : Nul

Profil et âge de départ à taux plein (statut, âge, salaire brut annuel en fin de carrière, trimestres validés fin 2004)
Un salarié non cadre rachète des trimestres pour partir à taux plein à 64 ans (rachat à 58 ans, dernier salaire de 40 000 euros, 114 trimestres validés)
Points : nombre à racheter - 12 trimestres *
Points : coût du rachat validés fin 2004 - 42 192 euros
Gain annuel de pension - 4,94 %
Intérêt du rachat : Nul
* sur 20 manquants
Source : OPTIMA RETRAITE

Qui a intérêt à racheter des trimestres
Ce que la retraite coûte a la sécu
Montant des retraites versé au titre du régime général (en milliards d’euros)
2005 : 73
2020* : 103
2050* : 213
* Estimations. Source : CNAV

Les Français rêvent de partir en retraite à 57 ans, selon TNS-Sofres. Le rachat de trimestres est donc tentant. Possible dès l’âge de 20 ans, le rachat de 12 trimestres en « option 1 » permet d’avancer son échéance de départ sans abattement sur la pension. Les diplômés bac + 2 peuvent ainsi racheter trois années d’études. Ceux qui ont des années dites incomplètes – ils ont cotisé de un à trois trimestres (stages, jobs d’été, surveillance d’internat ou service national) – peuvent racheter 12 trimestres.
Le rachat a un prix, qui varie en fonction de trois tranches de salaires bruts annuels (établies à partir de la moyenne des trois dernières années) : moins de 22 644 euros, de 22 644 à 30 192 euros, et plus de 30 192 euros. En pratique, les rachats sont suspendus depuis janvier, faute de connaître les tarifs 2006. L’année dernière, le rachat d’un trimestre en option 1, à l’âge de 59 ans, coûtait 3 621 euros (43 452 euros pour 12 trimestres), et, à l’âge de 20 ans pour la tranche de revenus la plus haute, 1 150 euros (13 800 euros pour 12 trimestres).
Le rachat en « option 2 », qui aide à doper sa pension en jouant sur le taux et la durée d’assurance, est plus coûteux (5 366 euros le trimestre à 59 ans) et il n’est pas toujours rentabilisé (voir tableau page ci-contre).
Comme le montrent nos simulations ( voir tableau ), le rachat est d’autant plus rentable qu’on reçoit un salaire élevé, car il est déductible de l’impôt sur le revenu. La durée de carrière validée au régime général est automatiquement retenue par les caisses complémentaires Agirc et Arrco. De plus, l’accord AGFF gomme jusqu’en 2008 tout abattement à ces régimes pour les départs avant 65 ans : c’est le double bingo pour les cadres seniors. « Le rachat de trimestres peut être un placement mirobolant : il est souvent amorti en trois ou quatre ans », précise Michel Renardier ( lire interview ). B eaucoup de seniors abandonnent le projet parce qu’ils peuvent se faire licencier et attendre, en touchant les Assedic, de pouvoir bénéficier d’une retraite à taux plein.
Ceux qui ont réellement intérêt à racheter des trimestres pour partir le plus tôt possible sont les petits patrons : en prenant leur retraite, ils évitent de payer de lourdes charges sociales et peuvent continuer à travailler s’ils sont rémunérés sous forme de dividendes.
En revanche, les salariés qui travaillent plus longtemps que prévu n’ont pas intérêt à racheter leurs trimestres. Il suffit d’une ou deux années d’activité de plus pour plomber la rentabilité du rachat ( voir tableau, simulations 3 et 4 ). Prudence donc : racheter les trimestres manquants ne suffit pas, il faut partir au bon moment. « Tout le monde rachète des trimestres pour atteindre le taux plein à 60 ans : ce n’est pas forcément l’âge optimal pour partir », souligne Dominique Prévert. Des spécialistes tels qu’Assistance Retraite, France Retraite, Optima Retraite ou Options Retraite aident à trouver le bon timing. Le bilan d’une carrière simple coûte une centaine d’euros. L’optimisation plus sophistiquée peut aller de 1 000 à 2 000 euros mais rapporter plus… et éviter quelques migraines !

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Délégué Syndical Central
Jean Pierre CAMPANATO
36, rue du Docteur Schmitt 
21850 Saint-Apollinaire

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Tél. 06 14 63 65 72
       03 80 77 67 18
Fax.03 80 66 66 70 

jp.campanato@wanadoo.fr

          
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