HORIZON
Automatisation à très grande vitesse des péages
Le Directeur Général avait dit de la négociation « péage » — une négociation essentielle — lors de la première réunion du 6 novembre 2008, qu’elle devait être menée de manière positive et constructive, c’est-à-dire dans un esprit
gagnant – gagnant. Au bout de six réunions, il y a de quoi être sceptique sur cette expression. Que l’entreprise soit gagnante, cela ne fait aucun doute, mais que les salariés de la filière péage
le soient aussi… On a du mal à voir en quoi au vu de ce qui a été proposé et qui peut se résumer à deux concepts : mobilité et polyvalence, deux couleuvres que la Direction tente de nous
faire avaler en les saupoudrant de primes ridicules. Car dans la logique pragmatique, tout se paye au coup par coup sans aucune considération globale des conditions de travail.
Dans une entreprise privée,
les salariés sont privés de tout
Une chose est sûre. Depuis la privatisation, l’automatisation progresse plus vite que jamais. Jean-François
Roverato, devenu Président du groupe APRR, l’avait comparé à un paquebot qu’il n’allait pas faire virer de bord. Il semble, par contre, qu’il ait installé le turbot.
Quel horizon pour les péagers ?
Ces six réunions, dont nous vous présentons la synthèse en pages intérieures, nous auront montré, s’il
était encore nécessaire de le faire, qu’il ne suffit pas de prêcher la confiance pour convaincre, car ce que nous a dévoilé la Direction n’a rien de bénéfique pour l’avenir des salariés du péage.
On cherche les garanties et les améliorations des conditions de travail, on ne trouve qu’un asservissement de l’humain à la machine et à la productivité. Ça s’appelle le progrès… Mais il est
drôlement bancal. Il lui manque un pied social.
Cela étant, ne voyons pas tout en noir. Les hiérarchies locales ont beau se tenir prêtes à lancer la
machine infernale, rien n’est encore signé. Si l’on s’en réfère à ce qui s’est passé sur APRR (un accord péage enterré après 15 mois de « négociations »), le Directeur Général
n’obtiendra peut-être pas son accord majoritaire. Car si la Direction nous a dit travailler pour ses salariés, on en attend toujours la preuve.
Automatisation des péages : que faire des
salariés ?
Des polyvalents mobiles renforts de BTP
Des vendeurs de
pizzas
Des créateurs
d’entreprise
Les maîtres mots de la Direction : mobilité et polyvalence
L’échéance de la négociation avait été fixée au premier semestre 2009. A ce jour deux
nouvelles réunions sont prévues le 15 juillet et le 21 septembre. Présentation des éléments du légo que constitue cette négociation, capitale pour l’entreprise.
D’entrée de jeu, la Direction a signifié que le sujet était important et complexe. L’évolution du péage à l’horizon 2013 consiste en
effet pour l’entreprise en un facteur d’amélioration du service péage par le biais du télépéage ; en un développement économique ; et constitue un sujet sensible sur le plan social
(c’est le moins que l’on puisse dire…). A ce jour, les péagers représentent la première population de l’entreprise, mais en 2013 ? La Direction prévoit une baisse de l’effectif d’une
centaine d’équivalents temps plein (ce qui correspond, en tenant compte de la population TPA, à un nombre supérieur de personnes).
La transparence a ses limites
Si la Direction nous a présenté sa
politique d’automatisation en toute transparence et n’a pas caché sa volonté de saisir toutes les opportunités pour la développer, elle est devenue beaucoup plus opaque et silencieuse sur les
raisons d’instaurer de la mobilité pour les péagers. « C’est en vue d’une meilleure gestion à l’horizon 2013 »… (Qui se traduit, soit dit en passant, par un sacré casse-tête pour
l’élaboration des tours.) L’explication est un peu courte. Il ne nous reste plus qu’à nous prêter au jeu des hypothèses, quitte à passer pour des oiseaux de malheurs — ou des
Cassandres.
La mobilité, la Direction y tient et
n’a eu de cesse d’en modifier les dimensions au cours des réunions : d’un secteur à l’autre sur un même centre péage d’abord, entre secteurs mitoyens ensuite, puis entre secteurs limitrophes
et dans un périmètre de soixante kilomètres enfin (mais ce n’est pas fini).
Mais pourquoi la mobilité ?
Si chaque centre péage, voire chaque
futur secteur, dispose d’un effectif équilibré, il n’y en a pas besoin. Y a-t-il donc sureffectif à certains endroits et sous effectif à d’autres ? Sachant qu’il n’est jamais facile et même
plutôt déstabilisant de travailler sur un site que l’on ne connaît pas, cette mesure a-t-elle pour objectif de rebuter assez les péagers pour qu’ils partent d’eux-mêmes de
l’entreprise ?
Délestage à tous les niveaux
La baisse des effectifs ne concerne
pas que les péagers mais bien tous les niveaux, jusqu’au plus haut puisque le Chef du Département Péage, jamais revenu de vacances, n’est pas remplacé : c’est le Directeur Clientèle qui a vu
ses fonctions étendues.
La reconfiguration des centres
péages (qui devraient passer de 8 à 5) entraîne une baisse du nombre de chefs de centre, d’où promotion pour l’un et détachement pour l’autre, ainsi qu’une baisse du nombre de secrétaires (trois
reclassements potentiels).
Polyvalence
La réorganisation des centres péages
s’accompagne d’une rénovation de certains métiers et de la création d’autres. Ce qui a priori devrait constituer un point positif. Sauf que les moyens ne sont pas là : RC reconnu à + 4,5
% ; assistante technique en attente d’une nouvelle pesée de poste (alors que certaines effectuent les nouvelles tâches qui leur sont dévolues) ; receveur assistant à la téléexploitation
équivalent à un super péager bouche-trous. S’il y a une qualité qui est demandée par la réorganisation des centres péages c’est bien la polyvalence. Aussi bien pour l’assistante technique, que
pour l’agent commercial administratif, que pour le receveur assistant téléexploitant.
Une seule garantie : l’emploi
Dans quelles conditions ?
On constate que la Direction
travaille d’avantage pour l’entreprise que pour ses salariés. Car rendre le personnel péage polyvalent et mobile est avant tout une garantie pour le bon fonctionnement du péage : s’il n’y a
pas de travail à un endroit, le péager en bon petit soldat renfort de BTP, est envoyé à un autre.
Les soi disantes améliorations des
conditions de travail (augmentation du temps de pause et congés récupérateurs pour les salariés 2X8), comme les petites primes proposées ne pèsent pas lourd en face.
Formation…
Pour ceux qui envisageraient une
reconversion, il y a un bémol : les mesures d’accompagnement sont destinées aux salariés les plus motivés, avec une ambition raisonnable, qui ont un véritable projet et assez d’énergie pour
le mener à terme. AREA n’est certes pas un centre de formation, mais on ne peut pas dire que l’entreprise engage une politique de reclassement de ses salariés.
La suite ?
A ce stade, le projet de la
Direction ne saurait se transformer en accord. Quand on connaît ses dispositions d’écoute des propositions adverses, on doute d’une issue favorable. Affaire à suivre le 15 juillet
prochain.
Pour aller plus loin, si vous souhaitez vous plonger dans le déroulement détaillé des réunions, demandez les comptes rendus à vos contacts SUD (coordonnées au dos) ou consultez notre
blog :
http://sudarea.wordpress.com/
Demain : rêve ou cauchemar ?
Le programme de la Direction qui suit la logique,
pragmatique, de la machine industrielle consiste à rendre le personnel péage subalterne des automates. Or, si l’avancée technique a un sens, c’est
celui de libérer l’être humain des contraintes et non celui de l’aliéner à la machine. Ainsi, on devrait profiter de l’automatisation pour repenser et améliorer les conditions de travail
(réduction du temps de travail, développement du service clientèle…). Vision utopique des choses ? A SUD nous revendiquerons toujours l’utopie face au pragmatisme, parce que nous
n’acceptons pas que le personnel puisse être au service de la machine, parce que nous refusons l’absurdité du tout rationnel. Nous ne nous résignerons jamais.
Et pendant ce temps-là sur le terrain…
Silence, on
automatise !
Chuuuuuuuuut, On déshumanise !
Des personnes qui travaillent vraiment pour vous : vos contacts SUD
Yvanne TROUILLET (CP2) DS et RS CE trouillet.yvanne@wanadoo.fr 06 73 25 75 91
Daniel BOGOSAVLIJEVICH (CP2-05) DS 06 37 17 75 99
Frédéric DUMOUCHEL (CP1) RS CHSCT 06 60 97 07 22
Philippe MASSENOT (CP3) élu CE 06 11 66 49 85
Bruno LAVERNE (CE4) élu CE 06 68 44 05 94
Gilles GOMEZ (CE4/2) élu DP, délégué CHSCT 06 26 56 57 80
Marc ROY (CE2) élu DP 06 87 91 11 88
Laurette ROY (CESAR) trésorière 06 60 02 70 68
SUD : un syndicalisme de conviction pour avenir
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